Histoires

Toutes ces années…!

Cela fait longtemps, bien longtemps.
Toutes ces années que j’y pense de temps à autres! Voici de nouveau!
Aurais je le courage, la possibilité, la facilité…?
L’envie d’écrire m’est venue depuis le début de l’adolescence. L’idée au départ était d’avoir mon journal intime et d’y raconter ce que je pensais, ce que je vivais, parler de mon entourage et la vie que l’on menait.
Se confier librement, sortir ma façon de penser, ce que j’avais au fond de moi, j’en avais fort besoin.
Peut être parce que je me sentais seul ou incompris par l’entourage? Peut être que j’avais peur d’être jugé? Peut être que j’avais besoin de vider le cerveau, ou mon cœur? Je ne sais pas.
Je pensais si fort à ce journal qu’il m’est difficile de le comparer pour montrer un exemple. Je croyais que ce journal pouvait me réconforter, pouvait m’aider à trouver un meilleur équilibre spirituel.
Aussi vite que ce rêve m’est apparu aussi vite j’étais déçu. Il m’était difficile de mettre en œuvre un tel projet avec la vie qu’on menait.
Soit une personne de ma famille aurait mis la main dessus, soit il se serait perdu. Non seulement nous changions souvent de logement mais notre espace de vie se limitait à une ou deux chambres pour six.
Pauvre…? Je,… Je dirais qu’on était moins que ça, moins que rien.
Durant les années qui ont suivi je pensais de temps à autre au journal intime et ensuite l’idée a disparu.
A l’âge de 14-15 ans je sais que je ne pensais plus au journal. A l’âge de 16 ans, pour diverses raisons, j’ai dû quitter le domicile familial. J’avais tenté de partir plus tôt mais je me rendais au bout de deux jours à une semaine. Je manquais sans doute de détermination. Quitter la famille c’était une envie, mais aussi une obligation. Durant le reste des années jusqu’à aujourd’hui à l’age de quarante ans, j’avais le sentiment de les avoir abandonnés. Je me suis senti coupable pendant tout ces années. Maintenant c’est moi qui me sens abandonné. Parce que tous les efforts que j’ai faits pour leur venir en aide n’ont pas été pris en compte. Je n’ai rien vu venir. Toutes ces années…! Depuis l’âge de 16 ans…!
Le long voyage sur lequel je m’étais engagé m’a fait découvrir l’Albanie, la Grèce, l’Italie, la France et l’Angleterre. Sans parler des autres pays d’Europe que j’ai visités ou que j’ai traversés. Je suis aujourd’hui installé dans le sud de la France. Pour passer d’un pays à l’autre au départ je devais me faufiler comme je pouvais. Soit on marchait pendant des jours et des nuits, chargés de sacs de nourriture et de vêtements dans des frontières montagneuses, soit perchés en dessous d’un camion, soit dans les transports en commun sans payer de billet.
J’ai dû rencontrer et échanger avec des centaines de personnes dans ces pays. J’ai à chaque fois essayé de m’adapter à leur culture et j’en ai beaucoup appris. Ça m’a permis aussi d’apprendre suffisamment pour communiquer dans leur langue. Je maîtrise la langue française mieux que les autres. C’est du moins ce que je crois. C’est une langue riche qui permet de s’exprimer en détails je trouve. Puis il y a aussi le fait que même quand je me couche ou que je me réveille, je réfléchis ou je parle en employant la langue Française. C’est donc plus facile pour moi de s’exprimer en Français. Les autres langues, par manque de pratique j’ai tendance a les oublier. Pour apprendre a écrire le Français il a fallu que je tombe amoureux. Après 2-3 semaines de réflexion, j’ai commencé à lui écrire pour garder le contact et la conquérir. Je lui avais écrit plusieurs pages et mon écriture était horrible, mais ça a marché.
Elle était intelligente, sensible, engagée dans la vie sociale et politique, travailleuse et avec un cœur en or. J’en ai connu des filles avant et beaucoup après elle. J’en ai évidement des magnifiques souvenirs avec les autres mais elle reste a ce jour irremplaçable dans mon esprit, dans mon cœur, dans ma tête. Je rêve qu’un jour je puis la revoir, sa présence me rendait heureux. Je rêve qu’un jour je puis a nouveau croiser son regard et échanger un « Bonjour, comment ça va? » Cela fait plus de quinze années que j’ai perdu le sourire et toujours le même rêve. Je l’espère pas et je préfère me tromper mais je crois que ce rêve m’empêchera de vivre en paix à jamais.
Durant mon adolescence même si c’était l’aventure tous les jours, j’ai trouvé une stabilité de vie en Grèce. De l’âge de 16 ans à 21 ans. Je partais de chez moi et je revenais de temps a autre pour revoir la famille et passer du bon temps avec eux. Parfois le retour n’était pas un choix. Quand on tombait dans les mains des forces de l’ordre c’est comme si nos rêves s’envolaient. Comme si tous nos efforts extrêmes n’avaient pas eu lieu. Ça nous vidait de toutes forces. Sans parler des tortures qu’ils nous faisaient parfois subir.Les émigrants sont des âmes perdues je crois. Ils sont étrangers ailleurs mais aussi au retour chez eux.
Le départ de chez mes parents se faisait toujours en cachette. C’était à la fois une sorte de rituel soit-disant pour avoir de la chance mais c’est aussi parce que mon absence les faisait souffrir et ils n’étaient pas d’accord que je parte. J’étais l’aîné donc le premier à leur avoir fait vivre de telles histoires. L’espace de la séparation avec ma famille dépendait de mon emploi du temps, des possibilités, de la chance, mais aussi de l’état psychologique dû aux relations compliquées avec eux. Durant toutes ces années il nous est arrivé de ne pas nous voire pendant six mois à six ans sans échanger quoi que ce soit. Ni téléphone, ni courrier.
En Grèce je gagnais suffisamment pour vivre et aider mes parents, frères et sœur. Après avoir appris les habitudes et après avoir bien appris à parler le Grec ma vie s’améliorait petit à petit. Je m’étais même fait de nombreux amis. Des amis qui m’ont fait comprendre un jour que je comptais pour eux. Du plus petit au plus grand, ils étaient la. Des moments et des histoires inoubliables.
Je peux conclure que j’ai passé une adolescence enrichie. C’était du travail du matin au soir la plupart du temps dans des conditions difficiles, mais en étant jeune j’arrivais à bien le supporter. Me projeter vers l’avenir, gagner ma vie par mes propres moyens faisait partie de mes rêves. Je vivais ce rêve. Puis c’était quoi qu’il en soit beaucoup mieux que si j’étais resté chez mes parents.
L’avenir était beaucoup moins incertain chez moi que là ou le vent me menait. Aider ma famille et essayer d’évoluer, c’était jusqu’à aujourd’hui la principale ambition et occupation de ma vie. Quand je n’arrivais pas à les aider je passais parfois par des souffrances extrêmes. Je me livrais parfois à des actes peu communs dont aujourd’hui je ne suis pas fier. Par exemple rouler à toute vitesse, griller les feux rouges, se disputer facilement avec l’entourage, mauvaises fréquentations, et-cetera et-cetera. J’avoue que je perdais parfois le contrôle.
Actuellement, si cela se présente comme une envie plutôt qu’une occupation, aider ma famille occupe une grande partie de mes pensées. Je me vois parfois comme un soldat qui n’a pas réussi sa mission. Tout ne s’est pas passé comme prévu. De ce fait, tout ce que j’entreprends, il est très rare que je puisse vivre les différents aspects pleinement. Je crois même que depuis le début de mon émigration cela a toujours été ainsi. Cela fait plus de 25 ans que j’essaie d’améliorer le quotidien. Beaucoup de combats ont été menés. Peut-être pas assez ou pas comme il se doit mais on a tous risqué notre vie des dizaines de fois pour essayer de vivre dans des conditions minimales. C’est à dire, pouvoir vivre en paix et avoir un minimum pour se nourrir et se loger.
Énormément de souffrances mais aussi de merveilleux souvenirs.
Les situations ne sont pas les mêmes qu’à l’époque, mais ce combat continue toujours que ce soit de mon côté mais aussi de leur côté. Si je dois comparer, de là où je suis parti et où je suis arrivé, d’une manière ou d’une autre je peux avouer que j’ai réussi. Si je dois comparer les rêves que j’avais et où j’en suis, je dis que je suis loin en arrière. Je ne me reconnais pas, ou je ne m’accepte pas. Soit j’ai dû voir en grand soit j’ai du m’égarer quelque part. Je sais que j’ai mis de côté à un moment de la vie mes principes. J’ai dû me laisser distraire ou alors je n’étais pas si fort pour suivre mes envies. C’est peut-être le destin? Je ne sais pas.
A l’age de 18 ans j’avais donné assez de preuves à ma famille pour avoir eu une sorte d’indépendance autorisée ou offerte par mes parents. J’avoue que le contact avec mon père ce n’était pas très gai auparavant. Le conflit pouvait naître pour rien. De là, les paroles pour se comprendre avaient peu de place. Je finissais la plupart du temps sur le sol, par ses mains. A l’époque je comparais ses mains à des pattes d’ours. Je ne crois pas avoir manqué d’affection, mais par moments c’était compliqué, lourd insupportable, choquant… J’en ai souffert.
Enfin, même si après mes 18 ans les relations se sont beaucoup améliorées c’est seulement jusqu’à certains points. Il ne supportait pas mes longs cheveux, que je rentre tard ou que je reste «longtemps» sans travailler. Il n’aimait pas non plus certains ou certaines relations que j’avais. A cette époque, plus rien ou presque ne se faisait ou se passait sans que j’ai été informé ou que j’eusse donné le feu vert. Est-ce parce que ma famille avait considéré une certaine maturité en moi ou parce que je subvenais aux besoins de la famille? C’est une question sur laquelle je n’ai pas encore trouvé de réponse. Grâce à ce que je gagnais, ma famille vivait dans de meilleures conditions mais toujours en se battant du mieux que nous savions ou que nous pouvions faire. Un petit business avait été crée. Nous vendions des aliments de tous les jours et beaucoup nous enviaient. Tout se déroulait plus ou moins bien, jusque à ce que nous perdions le fil pour de stupides raisons. A l’époque nous n’avions pas besoin de licence ou de taxe à payer donc on en a profité tant qu’on a pu. Quand à l’écriture…,
De ma jeunesse jusque l’age d’adulte il m’arrivait d’écrire de temps à autres. Quand j’allais mal ou pour des poèmes destinés à mes grands amours. Aussi, en arrivant en France lors d’ateliers organisés par des associations pour l’insertion des jeunes en difficulté. Après la trentaine, des idées vastes me passaient par la tête pour écrire quelques histoires de mon passé, sans vraiment y réfléchir. Certains connaissances sympathiques ou proches me faisait comprendre que je devais continuer à écrire. Mais j’en déduisais que d’écrire était pour moi un luxe ou alors il fallait une forte raison. Je n’avais pas le temps pour ça. La vie m’en demandait beaucoup. Je me disais qu’après tout, même si parfois je ressens la nécessité d’écrire, ce n’est pas ma passion principale et je ne suis pas fait pour.
Aujourd’hui, à l’âge de 41 ans je suis à nouveau poussé par une forte envie d’écrire. Je dis aujourd’hui, mais ce n’est pas tout à fait ça. Même si j’essaie actuellement de mettre ces quelques mots pour commencer, ça va faire plus ou moins deux ans que j’y pense régulièrement. Depuis près d’un an j’y pense quasiment tous les jours et je vis avec ça dans la tête. Presque tous les jours je me dis qu’il faut que je me lance. Je crois que ce serait génial de pouvoir montrer plus tard les chemins que j’ai parcourus à mes enfants. De nombreuses histoires sont incroyables. Peut-être difficiles à comprendre et même inimaginables pour beaucoup mais banales pour certaines personnes. Ce serait aussi dommage de ne pas ou de ne plus pouvoir me rappeler dans quelques années de nombreux moments importants que j’ai traversés. Je ne sais pas si j’y arriverai mais voici les premières lignes. J’ai commencé ce première chapitre au début du mois de Mai 2018. J’aurai normalement fini à la fin de ce mois-ci, Juin 2018. Normalement! Il y en a tant à dire… Le passé me semble long et fort chargé. Aussi fort que peut être cette envie de me confier, aussi fort est le poids et la peur que j’ai quand je tourne la tête en arrière. Tous les jours j’espère qu’un miracle puisse apparaître pour avoir la force morale ou un esprit léger pour continuer à pouvoir m’exprimer sans stress, sans contraintes, sans me forcer. Mais tous les jours se ressemblent. Comme un poids lourd me pèse dans le cœur quand je pense à ce qui m’attends. Vouloir mettre sur table le passé, rien que de l’imaginer je panique. Certains souvenirs me font bondir le cœur et me font pleurer. Même tant d’années après, ça m’épuise… C’est l’une des fortes raisons de ce blocage que je n’arrive pas à surmonter. Puis le manque de temps. La peur de ne pas pouvoir être fidèle à mes souvenirs me traumatise aussi. Parfois je mélange les histoires et je sais que j’en ai beaucoup oublié. Quand certains amis ou connaissances me parlent de moments vécus ensemble, je m’étonne moi même. Sur toutes ces années puis avec autant de vécu, difficile de choisir un point de départ ou garder de l’ordre.
Je vais tenter de reprendre par le début.
De mon jeune age je crois que je n’ai que l’entrée à l’école en souvenir. Je devais avoir 6 ans. Avec ma mère qui m’avait pris la main en attendant devant l’école, elle et moi tous autant excités. Je ne comprenais pas ce qui se passait mais je la voyais heureuse puis je crois que ça me touchait aussi. C’est donc de ce ressenti que j’ai un souvenir et une vague image de nous deux devant l’entrée de l’école. Puis ce n’est qu’après 8 ou 9 ans que les souvenirs se multiplient. A partir de l’age de 15-16 ans j’avançais avec pleins de doutes et de peurs, mais j’avais cette envie d’aller en avant qui était incroyable. J’étais de nature calme, souriant, patient, observateur, hyper sensible,… J’aimais beaucoup la transparence, j’étais naïf… Je me faisais souvent avoir par les voisins qui m’envoyaient faire leurs courses. Ils abusaient car je ne savais pas dire non. J’avais un faible pour le dessin… Je pouvais m’enfermer une journée entière même sans manger pour dessiner. Ça m’aidait à me sentir mieux. En étant jeune, j’avais beaucoup peur des personnes arrogantes. Certaines avaient mon âge mais il y avait aussi des adultes. Rien que de les voir je tremblais ou cette situation me rendait nerveux. Je ne comprenais pas leur existence, le pourquoi de leur comportement. Vers 20 ans je me croyais invincible. J’avais crée ma propre philosophie. Je croyais que rien de bien méchant ne pouvait m’arriver et que l’avenir m’appartenait. J’étais ambitieux, inconscient, macho, toujours prêt à aider les autres,… J’étais curieux, rempli de bonnes et de mauvaises illusions, de rêves mais surtout d’une force de vie invraisemblable à toutes les autres époques. J’avais déjà acquis de nombreuses expériences bien différentes comparées à la plupart de mes camarades mais aussi à mes connaissances. Je me mettais aussi beaucoup en question, j’essayais sans cesse de faire un travail sur moi même. Cette époque était la période la plus mouvementé de ma vie. Chargée d’émotions, de changements, de rencontres, de réussites, de déceptions, de découvertes, d’objectifs,… Je disais toujours aux gens ce que je pensais, que ce soit sur moi, sur eux, sur le monde qui nous entourait, etc. Tout se passait comme par magie avec un esprit léger et je me sentais libre. Depuis longtemps j’avais abandonné le dessin mais je commençais à prendre goût à la photographie. Je ne sais pas si c’est important mais j’ai eu ma première expérience sexuelle à l’age de 21 ans. J’avais déjà eu des petites aventures mais c’était plutôt des regards, des bisous ou des câlins. J’étais tellement timide que si cette femme ne m’avait pas manipulé et ramené chez elle, je ne sais pas à quel âge j’aurais eu le courage de passer le cap. Ça m’a aidé par la suite à affronter les filles plus ou moins de mon âge plus facilement. Quand mon fils est né, j’avais 27ans. Dès l’instant où j’ai appris qu’il est venu dans ce monde, la perception et mon comportement ont radicalement changé. Je n’étais pas présent à la maternité. J’ai commencé à regarder autour de moi et je disais «Je t’aime» l’arbre, la voiture, la terre, le ciel,…«Je t’aime»,… Je me sentais tout léger,comme si mon âme s’envolait. Comme si un nouveau monde commençait. C’était unique comme sentiment. Dans la trentaine j’avais pris conscience des limites. La vie me faisait voir sans cesse d’autres visages. Des contraintes auxquelles je ne m’attendais pas ou auxquelles je n’étais pas préparé.
A 41 ans, plus rien ne me semble comme avant. C’est comme si une grande partie de mon existence est effacée et que la partie précédente de ma vie passée n’est pas à moi. Ou alors, ce doit être le fait que lorsque je vois l’état sur le quel je suis, je sais que je n’arriverai plus à être le même d’avant. Que ce soit spirituellement, mentalement ou physiquement, les limites ont pris le dessus. Je crois aussi que je me suis trop laissé aller, puis les coups que j’ai reçus ne m’ont pas fait que du bien. Si j’arrivais à vivre autant d’années que j’ai laissées derrière moi ce serait un miracle. Je me sens faible, puis le goût des choses n’est plus avec le même étonnement ou avec le même appétit. Il me manque cette étincelle ou cette graine de folie que j’avais auparavant. Je ne fais plus non plus de sport. Peu de choses me ravissent. Je ne sais pas si c’est un choix malheureux que je m’impose suite à de nombreuses déceptions ou bien c’est le cours de la vie? Je ne sais plus aujourd’hui si je dois être fidèle à la chanson « Quand on a que l’amour » de J.Brel ou baisser la tête en murmurant « Avec le temps » de L.Ferre. Je ne sais plus si je dois me forcer à croire à un monde de bisounours pour pouvoir continuer les yeux fermés en essayant de faire revivre cette foi que j’ai perdu? Ou bien, avaler cette vérité qui nous entoure et pouvoir vivre du mieux qu’on peut avec?
Je crois aux miracles car la vie m’en a offert et m’en offre tous les jours. Vivre en bonne santé, chaque jour, c’est un miracle. C’est juste que je n’arrive plus à me rendre heureux en écoutant des chants d’oiseaux. Je n’arrive plus à entendre et apprécier le soufflement du vent qui fait chanter les feuilles ou qui me traverse le corps. Je n’arrive plus à me connecter à la nature. Je n’arrive plus à apprécier les couchers de soleil. Je n’arrive plus à m’amuser avec la plupart des gens que je connais. Je manque de concentration, de patience. J’ai l’impression parfois d’être déconnecté et insensible à tout, comme si je n’existais pas. J’ai l’impression parfois de voir le monde qui tourne sans cesse et je ne comprends pas le pourquoi. Je me demandé parfois si les gens savent vraiment ce qu’ils font? Ou alors c’est moi qui est à côté de la plaque. Il m’arrive aussi d’avoir ce sentiment de sortir de mon corps et d’observer autour en me posant mille questions. J’accuse parfois l’humain d’évoluer à petits pas et je n’arrête pas de me critiquer aussi. Mais des périodes semblables j’en ai eu beaucoup. Je parle là peut être sous l’emprise de la monotonie. Un de mes ennemis le plus redoutable. La monotonie, le stress, la solitude, la trahison, l’hypocrisie, la routine, me détruisent. Le changement, c’est le meilleur remède pour cela. Changement d’air, de lieu, de pays, de rencontres…. C’est ce que j’ai envie de faire. D’autres façons ou situations de vie existent. J’ai connu mieux comme j’ai connu pire. Quand cela est permis, la question du comment faire pour que ça aille mieux me trotte dans la tête. Plus facile à dire mais des choix sont à faire et des décisions sont à prendre. Quoi qu’il en soit, hormis de travailler à mon rythme, selon mes possibilités, selon mes envies, il n’y a rien que je puisse faire de plus.
J’ai démarré la vie de zéro ou avec zéro dans les poches, une centaine de fois. Je ne me rappelle plus combien, je ne compte plus le nombre de fois où j’ai dormi dans la rue. Je ne compte plus les villes que j’ai traversées, les métiers que j’ai touchés. Le nombre des femmes que j’ai pris dans mes bras… Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai été trahi, le nombre de fois où je me suis senti seul, fatigue, piétiné,…
Peu de gens m’ont serré la main avec sincérité. Peu de gens m’ont offert un vrai sourire, un câlin de fraternité, un conseil, un peu de leur présence…
Ces gens sont là, ces gens qui m’ont permis parfois de rebondir, de me sentir mieux, d’avancer, de passer une étape ou vivre ensemble une époque, que je le veuille ou pas ils sont là. Je les vois comme dans un couloir qui est au fond de moi. Leur image est encadrée et quand je traverse ce couloir mes yeux pétillent.
Tant d’histoires…! Tant de souvenirs…! Toutes ces années…!
Les découvertes, les rencontres, les échanges, l’harmonie, la sensibilité, l’amour, la loyauté, le respect… Ce sont les qualités qui me font le plus vivre et que j’estime comme les plus grandes valeurs de l’humanité.
«L’humanité» un mot que j’essaie de comprendre depuis des années.
Il y a tant à en dire…

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